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Extinction éclairage public

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Une de nos propositions de campagne concernait une étude sur l’extinction nocturne de l’éclairage public. Nous avons créé un groupe de travail sous la direction de l’adjoint à l’environnement afin de prendre en compte toutes les données de la problématique.

Ce projet est né de deux considérations :

- L’impact sur l’environnement,
- L’impact sur les dépenses publiques.

50 % de la population française connait la notion de « pollution lumineuse », 80% est favorable à la réduction de l’éclairage, en intensité ou en durée. Economie énergétique, réduction des gaspillages, diminution de la facture, sont des arguments admis de tous.

Le moment était venu pour Reyrieux, après beaucoup d’autres communes voisines (Trévoux, Ste-Euphémie entre autres…), de se poser la question de l’extinction nocturne une partie de la nuit.

Expérimenter l’extinction et les horaires

Un petit rappel : le maire d’une commune n’a pas l’obligation générale et absolue d’éclairer. L’éclairage fait partie de ses pouvoirs de police.

Le choix du groupe de réflexion est de proposer une phase de test limitée dans le temps pour une extinction d’une durée de 6h30, soit entre 23h00 et 5h30.

A l’issue de cette période de test, après recueil des observations des habitants et des services de police et gendarmerie, il pourra être décidé de poursuivre ou non l’expérience.

Le bilan carbone

La commune de Reyrieux consomme 350 000 KWh pour éclaire sa voirie. Une extinction de 6 h 30 génère un gain de 175 000 KWh.

Le bilan carbone ne peut pas être connu avec précision car il dépend du mode de production de l’électricité, de son acheminement, du fonctionnement et de la maintenance de notre réseau. On doit Il convient d’ajouter également l’impact de la construction des installations et de leur en fin de vie.

En tout état de cause, toute énergie non consommée représente une économie de CO2.

Pour mémoire la consommation énergétique totale pour l’éclairage public en France correspond à l’activité à pleine charge d’une tranche de centrale nucléaire.

Quel impact financier pour la commune de Reyrieux ?

La consommation électrique de l’éclairage public représente plus de la moitié de la facture totale EDF de la commune. C’est 50 000 euros qui sont dépensés pour éclairer les voiries.

Une extinction de 6h30 par nuit correspond à une économie d’au-moins 20 000 euros par an (moins de la moitié compte tenu des abonnements par poste).

Est-il possible de réaliser une extinction partielle ?

Non, car le réseau est ainsi fait qu’il est impossible d’éteindre une rue ou un quartier de façon isolée. Il existe 32 postes répartis sur la commune qui commandent l’allumage de 800 à 900 lampadaires. Une rue peut être éclairée par deux ou trois postes distincts.

La décision d’éteindre à certaines heures aura-t-elle un coût élevé ?

Non, car nos postes de commande sont équipés d’horloges astronomiques facilement reprogrammables. Par ailleurs la durée de vie des installations du fait de la diminution du temps d’éclairage devrait augmenter.

Pourquoi ne pas utiliser l’abaissement de tension comme cela se fait sur 5 postes de commandement ?

Lorsque la tension est abaissée de 30%, la consommation l’est également, mais avec une perte d’éclairement. Cette solution a été abandonnée pour une question de coût, car cela représente un investissement lourd pour la commune.

Pourquoi ne pas généraliser la LED plus économe ?

Outre l’éventuel impact sanitaire, un lampadaire LED coute 800 à 1000 euros : la commune en compte 900 et n’a donc actuellement pas le budget Multiplié par 900, faites le calcul vous-même ! En revanche toute nouvelle voirie sera bien équipée de lampadaire LED, car c’est la seule technologie proposée aujourd’hui par le prestataire de service qui gère notre équipement.

Plus d’éclairage, plus de sécurité ?

L’absence d’éclairage est parfois perçue comme un facteur d’insécurité mais ce sentiment n’est qu’une perception personnelle, associée à la solitude et l’isolement. Aucune relation entre le niveau d’éclairage et la sécurité n’a été démontrée.

La plupart des délits sont perpétrés de jour. Un éclairement nocturne excessif des places ou jardins favorise les rassemblements, les nuisances sonores, les petits trafics. Un cadre très éclairé ne permet pas d’isoler visuellement les rôdeurs mal intentionnés, en revanche dans une ambiance sombre ceux-ci apparaissent nettement avec leur propres éclairages (smartphones souvent).

A certaines heures de la nuit, selon les lieux, un éclairage à la demande, non éblouissant, peut répondre au besoin de sécurité des personnes.

Moins d’éclairage, plus d’accidents ?

Les voiries sont éclairées pour éviter les dangers de la route mais un éclairage trop intense et régulier crée une monotonie pour le conducteur, une diminution de la perception des contrastes et une incitation à rouler trop vite.

A contrario, dans une ambiance sombre, les véhicules éclairés surgissant perpendiculairement sont plus faciles à repérer. La vitesse des automobiles est moindre, le conducteur plus vigilant.

Des éclairages à la demande par détection de présence peuvent être installés sur les passages piétons.

L’éclairage sur la biodiversité et santé, quel impact ?

28% des vertébrés et 65% des invertébrés vivent partiellement ou totalement la nuit. L’alternance de la lumière et de l’obscurité, ainsi que les variations saisonnières de la durée de cette alternance, sont indispensables à de nombreuses fonctions vitales : déplacement, reproduction, alimentation etc…

Les routes par leur éclairage, peuvent être des barrières infranchissables pour certaines espèces, empêchant ainsi les fonctions de migration, de prédation etc… idem pour les plans d’eau illuminés qui perturbent les espèces aquatiques.

Les lampadaires qui attirent les insectes perturbent leur orientation et détruisent beaucoup d’individus. Eteindre la nuit permet de recréer des trames nocturnes pour la faune.

Chez l’homme comme chez beaucoup d’espèces supérieures, l’éclairage artificiel modifie les sécrétions de cortisol, de mélatonine, substances agissant sur la qualité du sommeil, sur l’humeur et également sur le système immunitaire.

Autre argument en faveur de l’extinction la pollution lumineuse le retour des ciels étoilés, de la voie lactée…

LED et lumière bleue : qu’en penser ?

Jusque dans les années 90 les LED (diodes électroluminescentes) n’existaient qu’en rouge, vert et jaune. Avec la création de la première LED bleue, il a été possible, en ajoutant une couche de phosphore jaune, de créer une lumière blanche. En modulant les proportions d’émission de bleu et de jaune, on obtient un blanc dit « froid » ou un blanc dit « chaud ».

Cette lumière « bleue » est également émise par tous les écrans que nous utilisons quotidiennement : téléviseurs, ordinateurs, smartphones, jeux vidéo…

L’Anses dès 2010 a identifié les dangers potentiels, pour la vision (rétine), de l’émission de lumière bleue par les LED.

En 2019, une nouvelle expertise confirme le danger potentiel pour l’œil (risque de DMLA, cataracte.). L’Anses recommande de restreindre la mise sur le marché de lampe à LED trop riches en lumière bleue, et souligne la nécessité de mettre à jour les Valeurs Limites d’Exposition (VLE) à la lumière bleue, notamment pour tenir compte de la spécificité du cristallin des enfants qui filtre cette couleur avec beaucoup moins d’efficacité.

L’Anses pointe également les effets néfastes sur la biodiversité et l’environnement, elle note un appauvrissement de la diversité des espèces animales et végétales dans les milieux éclairés la nuit. On note aussi un effet de perturbation des rythmes biologiques et du sommeil.

Comment se protège-t-on de cette lumière bleue ?
Le port de lunettes à verres filtrant le bleu est recommandé au niveau individuel. Sur les lampadaires publics sont intégrés des écrans spécifiques. Mais l’Anses précise que ces derniers ont une efficacité très variable.

Pour les futures installations de Lampadaires sur notre commune, nous devons rester vigilants quant au niveau de protection contre cette nuisance visuelle. Incontournables pour les futures voiries, les lampes à LED, dont la consommation est certes moindre mais d’installation couteuse, ne représentent donc pas une alternative actuelle à l’extinction nocturne envisagée.

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